Un Passé Oublié, Association pour l'étude, la protection et la mise en valeur du patrimoine minier et industriel du Haut-Doubs - Métallurgie ancienne - Fer - Archéologie minière













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Mine de Oye et Pallet

La métallurgie ancienne sur le Haut-Doubs

 

                          En cours de rédaction 

 

Source : Minaria Helvetica 24b/2004, société suisse d'histoire des mines.

 

Géologie et minéralogie : le minerai de Métabief

 

Plusieurs types de minerai auraient été exploités par le passé sur le secteur du Haut Doubs. Celui qui nous intéresse particulièrement et qui fut à la base des exploitations les plus importantes s'apelle la limonite du valanginien ou limonite de Métabief. Il s'agit d'un calcaire qui se serait formé au valanginen (environ 135 millions d'années) pendant la période du Crétacé. La plupart des couches sédimentaires datant de cette époque ont disparu dans le Jura suite à l'érosion glaciaire du quaternaire pour ne laisser en place que les couches plus ancienne du jurassique. Mais au flanc de certains plis, il reste quelques portions de ces couches qui affleurent par endroit. C'est le cas dans la région de Métabief où le valanginien apparaît sur le versant nord-ouest du Mont d'Or le long d'une bande allant de Métabief à Rochejean.

 

Exploitation du minerai : les vestiges miniers du district du Mont d'Or.

 

Résumé : Dans la région du Mont d'Or, la limonite du Valanginien affleure le long des versants des vallées, à mi-côte. Partout où il est accessible, le minerai a été exploité au moyen de minières et de tranchées, à partir du XV° siècle et jusqu'à la fin du XVIII° siècle. Au cours de la dernière décennie du XVIII° siècle et pendant la première moitié du XIX° siècle, pour intensifier la production, un petit nombre de mines souterraines ont été mises en fonction. La mine la plus importante se trouvait au dessus du village des Longevilles Hautes. L'exploitation se faisait par trois puits donnant accès à des réseaux d'exploitation souterrain en pente. Récemment, un tronçon de galerie appartenant à cette exploitation a pu être exploré au lieu-dit « Les Seignots ». Une autre mine était située à Métabief, dans un secteur où le minerai est pratiquement horizontal. Elle a été visitée dans les années 1960. Il existait une mine près du village des Fourgs. Pour ces trois exploitations, on dispose de plans datés de 1835 et de descriptions faites à la même époque. Enfin, une autre mine qui se trouvait près de Oye-et-Pallet est partiellement accessible et a fait l'objet d'une étude préliminaire.

 

Introduction : Depuis le XV° siècle au moins, on trouve des allusions aux exploitations minières dans le district du Mont d'Or. Malheureusement, dans les textes les plus anciens, on ne dispose que de très peu d'indications topographiques. Au début, les minerais sont concédés globalement, sur la totalité d'un territoire d'une ou de plusieurs seigneuries. On voit ainsi apparaître les seigneuries de Jougne, de Rochejean, de Sainte Marie, de Chatelblanc et de Mouthe. Quelquefois, on mentionne une localité de manière explicite : Les Longevilles, Métabief, Saint Antoine, Touillon et Loutelet ou encore les Hôpitaux Vieux. Très rarement, il est fait référence à un lieu-dit particulier.
Ce caractère imprécis des localisations suggère une exploitation en surface, par minières et tranchées.Les excavations ne sont pas vraiment délimitées ni dénombrées. L'exploitant qui dispose du droit d'extraction s'arrange avec le propriétaire du terrain et doit simplement remettre les lieux en état après les travaux. Ce mode d'exploitation reste la norme sans doute jusqu'à la fin du XVIII° siècle. En 1752, les témoignages indiquent que les plus grandes minières ont atteint des dimensions importantes : 90 pieds (environ 30 mètres) de profondeur au Mont d'Or (probablement près de Métabief), par exemple (Bailly 1998, p.45). En 1782, le maître mineur Moureau exploite aux Longevilles des tranchées ouvertes sur ses terres. Une quinzaine d'années plus tard, le document de 1797 qui relate le décès du mineur Antoine Barthod dans les exploitations de Montperreux fait explicitement référence à des travaux à ciel ouvert.

La situation a changé au début du XIX° siècle. Dans les documents des années 1810/12, relatifs au renouvellement des demandes d'autorisation pour les entreprises métallurgiques, on voit apparaître clairement que des mines souterraines sont maintenant en fonction. C'est certainement le cas aux longevilles ainsi qu'à Métabief. La forte demande en fer qui résulte des années de la Révolution française et de l'Empire napoléonien a rendu  nécessaire une intensification et une rationalisation de l'exploitation. La mise en place de travaux souterrains est devenue nécessaire. C'est sans doute entre 1790 et 1810 que se développe les mines souterraines. Les exploitations de surface sont peu à peu abandonnées.

Il est impossible de localiser avec précision les travaux de surface du moyen Age. A certains endroits, on peut observer des boulversements de la topographie, des creus, des entonnoirs, des tranchées etc. Mais ces vestiges sont impossible à dater. D'autres travaux ont sans doute complètement disparu à la suite des aménagements postérieurs. Sur la base des documents et des observations de terrain, on peut penser que l'exploitation de surface a touché tout le versant sud de la vallée du Beif Rouge, entre le village de Rochejean et celui des Hôpitaux Vieux. Dans la partie Est, la couche minéralisée accuse un fort pendage et l'affleurement est donc relativement étroit. Par contre, vers Métabief, à l'ouest, la couche est plus ou moins horizontale et la surface d'affleurement est beaucoup plus étendue. C'est une zone idéale pour l'extraction à ciel ouvert. De l'autre côté de la vallée, des petits gisements ont du ^tre exploités au-dessous de Maison Neuve. De même pour le coteau entre Saint Antoine et les Hôpitaux Vieux, enn passant par Touillon-et-Loutelet, les textes donnent à penser que les travaux de surface y ont été importants. Plus au nord, dans le prolongement de cette zone, des exploitations sont mentionnées sur le territoire de la commune de Montperreux, en particulier à Fontaine Ronde. Enfin, une autre zone se situe sur la commune des Hôpitaux Vieux, mais de l'autre côté du décrochement, c'est la combe du Voirnon. De nombreuses structures d'extraction sont encore visibles sur le terrain.

Les mines souterraines sont plus facile à localiser avec précision. La documentation qui les concerne, plus récente, offre aussi plus de précision. La mine la plus importante est celle des Longevilles. A partir des travaux de surface, l'exploitation reprend en souterrain. Il existe plusieurs descriptions de ces travaux effectués à quelques années d'intervalle. Bien que ces informations soient parfois contradictoires, on peut se faire une idée assez concrète de cette exploitation. Une petite partie des travaux souterrains a pu être visité récemment. L'exploitation de cette mine se prolongera jusqu'à l'extinction du dernier haut fourneau de la région, celui de Rochejean en 1843. La seconde mine importante se trouve à Métabief. Elle aussi fait suite à une longue tradition de travaux de surface. La documentation du XIX° siècle est relativement abondante et quelques observations ont été réalisées dans les années 1960. Cette mine fut fermée très peu de temps avant celle des Longevilles. Elle est encore mentionnée comme productive dans l'Annuaire Statistique du département du Doubs publié en 1841. Dans le volume 1842, on signale qu'elle esr fermée. Des travaux souterrains ont été également faits aux Hôpitaux Vieux, au lieu dit " Le Miroir" au sud du village. Dans un rapport de 1833, ces mines sont déjà considérées comme abandonnées mais toujours concessibles (Thirria 1833).

Plus au nord, deux autres mines souterraines ont été en activité, l'une près du village des Fourgs, l'autre près de Oye-et-Pallet. Dans les deux cas, il est possible que des travaux à ciel ouvert plus anciens aient précédé l'exploitation en profondeur, mais ces localités ne sont pas clairement mentionnées avantles toutes dernières années du XVIII° siècle pour la seconde et les premières années du XIX° siècle pour la première.

 

1. Les longevilles Mont d'Or

 

Aux Longevilles Mont d'Or, les vestiges miniers de surface et souterrains se répartissent sur une ligne orientée Sud-Ouest/Nord-Est parallèle à l'axe formé par la vallée du Bief Rouge coulant de Métabief vers le Doubs, rivière qui permit l'implantation du haut fourneau de Rochejean tout proche, et dont le lit se situe à une altitude d'environ 900 m. Cette ligne se situe au sud du Bief Rouge, à une altitude comprise entre 1000 et 1050 mètres sur le flanc nord de l'anticlinal du Mont d'Or dont l'axe sommital se situe à une altitude moyenne d'environ 1250 mètres. Elle se situe en limite de la zone forestière, là ou la pente commence à devenir trop importante pour permettre une exploitation agricole du terrain.
Cette ligne est également parallèle à l'axe formé par la route départementale 45 et à la route départementale 450 traversant respectivement les villages des Longevilles Basses et des Longevilles Hautes. Sur une longueur de 2,5 km entre les Granges Barthod et la limite communale avec Métabief, elle se situe au sud de cet axe à une distance comprise entre 500 et 1000 mètres de celui-ci.
Les routes qui parcourent la vallée rejoignent l'axe de circulation transversal au massif de Pontarlier à Vallorbe. Les villages qui occupent cette vallée se sont implantés bien avant le début de l'exploitation minière.

On peut décomposer cette zone en trois secteurs du Sud-Ouest au Nord-Est.

 

- Secteur Ouest : des Granges Barthod (pt 993) à "la Combe" 

- Secteur Centre : de "la Combe" à la route D 450 croisement avec la route menant au Gros Morond.

- Secteur Est, secteur des Seignots : de la route D 450 à la limite avec la commune de Métabief.

 

Secteur Ouest

 

Au Sud-Ouest, on trouve les premiers vestiges en surface dans une bande forestière comprise entre le point 993 situé au croisement des routes forestières menant aux Granges Barthod et aux Auges de Pierre, et le petit vallon situé au sud de la route forestière menant de la mairie à Super Longevilles (site de la Combe).
On trouve dans la pâture située au nord de cette bande un entonnoir régulièrement comblé par l'agriculteur et pouvant être un effondrement correspondant à des ouvrages souterrains.

On trouve ensuite le long du sentier situé en limite de cette pâture et de la bande forestière un entonnoir et une tranchée parallèle au sentier. Plus loin, vers l'est, on observe dans la zone forestière quelques tranchées ayant une orientation sud-nord et donc parallèles à la pente. On ne peut dire si l'origine de ces tranchées est minière ou non. Peut-être s'agit-il pour certaines d'anciens passages permettant l'évacuation des bois.

Le site de la Combe est très riche en vestiges. Outre une galerie souterraine découverte et décrite plus loin, on observe sur la rive droite du petit ruisseau qui draine le vallon un petit cratère surélevé d'un diamétre d'environ 5 mètres et qui pourrait être un ancien site de traitement ou de stockage du minerai. Un peu plus en amont, toujours sur la rive droite, juste sous le chemin remontant en direction du Mont d'Or, on observe dans la forêt deux entonnoirs dont l'un est très régulier et dont la partie aval est constituée d'un remblai artificiel.

 

On trouve au sud de la mine de La Combe , en limite de la forêt et au bout de la pâture située au nord de la route des Auges de Pierre une petite cavité appelée la "cave aux renards". On ne sait pas si cette cavité de quelques mètres de développement est d'origine naturelle ou minière. Autrefois pénétrable sur quelques mètres, l'entrée de cette cavité est aujourd'hui partiellement éboulée.

Des recherches ont été effectuées à l'Ouest, dans les environs des Granges Barthod, mais sans résultat.


Sur la carte de Vallotton de 1723, la vignette qui représente la zone d'extraction minière occupe une position qui est très proche de la galerie de la Combe. Cette dernière pourrait donc se rattacher à cette période d'exploitation ancienne. D'après le toponyme "Creux des mines" et ce que l'on peut déduire des sources, à cette période, les travaux sont essentiellement effectués à ciel ouvert, en tranchées ou en minières. La galerie de la Combe pourrait donc être une installation destinée au drainage d'une grande minière située en amont.

 

Secteur Centre

 

Lorsque depuis le site de la Combe, on prend le sentier remontant en direction de la route D450 et le site des Seignots, on observe en bordure gauche de ce sentier, à quelques mètres de celui-ci, une tranchée d'environ 4 mètres de large et deux mètres de profondeur, puis une succession de creux. Ces vestiges situés dans une petite bande boisée placée entre le sentier et la pâture ont été récemment défrichés par les membres de l'association pour la mise en place d'un sentier à thème "le chemin du fer". Un plan de la mine des Longevilles daté de 1835 fait état de 3 puits et d'une tranchée dite "tranchée Fayol", probablement d'après le nom du propriétaire du terrain ou de l'exploitant. Il est possible que la grande tranchée actuellement visible corresponde à cette structure. 

 

Secteur Est

 

A l'est de la route D 450, en direction de la limite communale avec Métabief, on observe dans la forêt une zone très perturbée dans un secteur durement touché lors de la tempête de décembre 1999. On observe sur ce site de nombreux creux et entonnoirs ainsi que des renfoncements dans le flan de la montagne pouvant faire penser à des emplacements d'entrées de galeries. C'est dans ce secteur que deux sites de vestiges souterrains ont été découverts : la mine des Seignots (voir 1.2) et, à l'autre extrémité de cette zone, la mine de la Borne 11 (voir 1.3).
Dans ce secteur, le minerai affleure en de nombreux endroits.


1.1 La galerie explorée au lieu-dit "la Combe"

Cette galerie se situe à 980 m d'altitude dans un renfoncement du terrain d'une profondeur d'une quinzaine de mètres orienté vers l'ouest, lui même situé dans un petit vallon perpendiculaire à l'axe de l'anticlinal du Mont d'Or et drainé par un petit ruisseau souvent à sec s'écoulant en direction du Bief Rouge. Elle se situe sur la rive gauche de ce petit ruisseau dans une zone boisée.

 

Cette mine se situe environ à 750 mètres au Sud-Est du village des Longevilles Mont-d'Or. Pour y accéder depuis la route départementale 45, il faut prendre la petite route qui passe devant la mairie et quelques dizaines de mètres après celle-ci, tourner à droite pour prendre un chemin qui sort du village et mène à un petit vallon (par la suite dénommé "la Combe). Pour trouver la mine, il faut rester sur le chemin qui reste au fond de ce vallon en serrant à droite. Après avoir laissé le réservoir sur notre gauche, continuer tout droit dans la zône humide et environ 100 mètres après celui-ci on tombe sur le renfoncement à droite où se trouve l'entrée de la galerie.

 

Cette galerie a été découverte le 12 mai 2001 à une dizaine de mètres de profondeur par les autorités de la commune et un groupe de l'association "Un passé oublié". Suite à l'ouverture de la galerie à la pelleteuse, celle-ci est restée plusieurs mois sans que personne n'ose s'y aventurer car l'entrée ouverte dans des terrains instables restait très dangereuse. Après la mise en sécurité à l'aide de conduites en béton, une première exploration a été faite le 11 février 2002 par Michel Cottet et Claude Jacquemin-Verguet, puis le 13 septembre 2002 par Urs Eischenberger de l'Institut Suisse de Spéléologie et de karstologie et de Christophe Folletete. Lors de sa découverte, cette galerie était en partie noyée.

 

la galerie est creusée dans les sédiments fluvio-glaciaires du quaternaire. Ces sables, graviers et moraines ne sont que peu consolidés. L'ensemble mesure plus de 10 m et l'épaisseur des couches individuelles varie fortement. Les graviers fluviatiles bien arrondis sont plus abondants dans la section supérieure du quaternaire tandis que les sables fluvio-deltaïques en couches fines dominent vers la base. Les strates individuelles sont inclinées de 30 à 45 ° vers le NO. Le Crétacé n'affleure nulle part dans la galerie.

 

Au fond, la galerie est remplie d'un sédiment sableux avec du gravier sec jusqu'à 30 cm sous la voûte. Le niveau de ce sédiment s'abaisse continuellement en direction de la sortie. A partir du niveau des arrivées d'eau au plafond, il contient plus d'argile. Cette argile forme un dépôt de 40 cm dans les premiers mètres de la galerie. Il se dépose au fur et à mesure lors de pluis modérées. Par fortes pluies, les sédiments accumulés sont lavés vers l'entrée de la galerie où ils commencent à boucher les tuyaux. Le profil de la galerie ne dépasse normalement 1 mètre par 1,5 mètres. Les voûtes sont arrondies.

 

Le point le plus bas de la galerie est la sortie. Les ruissellements qui sortent du tube ont leur origine dans les graviers sableux situés au milieu de la série quaternaire. Le fond de la galerie est sec et sans traces d'eau.

 

Un des éléments importants apportés par l'exploration de cette galerie est le fait de savoir que sur toute la longueur explorée, celle-ci ne donne accès à aucun moment au gisement de minerai, ce n'est donc pas une galerie d'exploitation. Des questions se posent donc sur son utilité. Celle-ci pouvait être utilisée, du fait de sa pente inclinées vers l'extérieur, comme galerie de drainage afin de canaliser l'eau en direction du petit ruisseau. Elle pouvait aussi être utilisée comme travers-banc pour donner accès au minerai qui doit se trouver un peu plus loin dans le terrain. Des vestiges de boisages ont été trouvés lors de l'exploration et peuvent être soit les vestiges d'un ancien chemin de roulement, soit des éléments de soutènement. Cette galerie est très instable et d'un accès relativement dangereux.

 

1.2 Le réseau exploré au lieu-dit "Les Seignots"

 

La galerie se situe environ à 1070 mètres d'altitude, dans une zone boisée fortement touchée lors de la tempête de décembre 1999, sur le versant nord de l'anticlinal du Mont d'Or, dans un renfoncement pouvant faire penser à une entrée de galerie perpendiculaire au plissement. C'est la configuration du terrain à cet endroit ainsi que des recherches géobiologiques qui ont conduit à faire des recherches sur ce site. Les recherches ont été menées à l'aide d'une pelleteuse de chantier, et il fallut creuser à une profondeur d'environ 4 mètres pour percer la voute de la galerie.

Après de nombreuses recherches infructueuses suite à la découverte de la première galerie à la borne 11 le 25 juin 1999, elle fut découverte le 15 octobre 1999 par les représentants de la commune des Longevilles-Mont d'Or en présence de membres de l'association. Cette mine a été réouverte le 18 avril 2000 en présence de Catherine Lavier, Denis Morin, Patrick Rosenthal, Roger Bailly, Jean-Marie Pourcelot, Alfred Lanquetin, Claude Jacquemin-Verguet, Colette Dulphy, Christophe Folletete. Des relevés topographiques ont été effectués lors de cette seconde visite et une topographie a été ensuite réalisée par Denis Morin. Une troisième exploration a été effectuée le 13 septembre 2002 avec urs Eischenberger de l'Institut Suisse de Spéléologie et de Karstologie.

 

Description des vestiges souterrains explorés aux Seignots

 

L'accès se présente sous la forme d'une galerie à demi colmatée de section semi-circulaire (hauteur 0,6 mètres, largeur 1,50 mètres). La galerie qui s'ouvre plein nord est taillée dans une argile à blocaux glaciaires (boulder-clay) compacte de couleur beige clair comportant de nombreux galets et cailloutis.

Immédiatement à l'ouest, une galerie de recherche, de section subcirculaire et de direction orthogonale longue de 5 m, aboutit à un ressaut qui se prolonge en profondeur par une petite galerie de recherche déclive; celle-ci reprend la direction opposée vers l'est. Cette galerie de 6 mètres de longueur se termine sur un front de taille.

La galerie principale d'orientation N=152° s'incline légèrement vers l'Ouest N=197° à 9,30 m de l'entrée. A cet endroit, la galerie mesure 1,36 m de hauteur sur 1 m de largeur. Deux niches de lampes (10 X10 cm) creusées à 0,90 m du sol de la galerie marquent ce changement de direction. Sur la paroi Ouest sont entassées plusieurs déblais de stériles soigneusement empilés.

A 6,40 m, une petite galerie orthogonale de 2,40 m s'ouvre sur le côté Ouest. Elle comporte également deux niches à lampes aménagées.

Dès lors le réseau (N=210°) bifurque légèrement; la galerie s'ouvre alors latéralement sur le chantier. Elle s'élargit quelques mètres plus loin avant de se poursuivre N=240 ° et d'aboutir au niveau des strates du Valanginien. Auparavant, un amoncellement de stériles assure le comblement d'un ancien terminus dans l'axe initial de la galerie.

Celle-ci suit très précisément l'orientation de la couche de limonite qui à cet endroit se trouve relevée à 55-60°. Le toit est constitué par endroits d'argile à blocaux tandis que la partie inférieure est constituée de limonite. Sur près d'une quinzaine de mètres, la couche de fer à été exploitée suivant la manière d'un filon incliné. La galerie initiale étant utilisée comme galerie de circulation. Les niches à lampes s'échelonnent le long de la paroi Est pour éclairer la partie supérieure de l'exploitation.

 

L'abbattage est manuel, au pic et au coin comme en témoignent les nombreuses traces visibles sur les parois. 

Le chantier présente dans sa zone d'exploitation, un boisage régulier et organisé tout au long de la couche dépilée. Il est encore parfaitement conservé. Le soutènement des parties dépilées est assuré par des billes de bois calées ou non, équidistantes de 1 m à 1,50 m. Les billes subsistantes sont au nombre de 25. Elles sont encore pour la plupart parfaitement en place. Leur disposition quadrille l'espace de dépilage.

Les cellules sont constituées d'une seule bille porteuse inclinée à 60°. Les bois utilisés sont composés de résineux. La longueur des billes et de 1,40 m à 1,51 m. Le diamètre est en moyenne de 0,12 à 0,16 m. Cette mesure ne tient pas compte des dégradations subies au cours du temps qui ont sensiblement diminué le gabarit des pièces de bois.
Le serrage au toit s'effectue directement à plat ou par l'intermédiaire de dosses de calage. Les billes sont parfois serrées par groupe de deux au moyen de flaches. Au mur, les billes sont simplement calées. Le pied est directement posé à plat. En général, le diamètre des billes permet un serrage au mur sans aménagement notable. 

L'exploitation quant à elle s'est développée sur une profondeur de 6 m dans le sens du pendage. Vraisemblablement, les minuers ont renoncé à poursuivre en profondeur pour des question d'exhaure du moins dans ce secteur. La base du dépilage est à demi noyée.

A l'extrémité sud du chantier, la galerie de roulage bloque sur un éboulis. Sur la face Est, une ouverture au toit donne accès à une petite galerie entièrement taillée dans l'argile à blocaux. Cette dernière d'orientation N 200° puis N 275° est flanquée sur ses parois par des galets d'origine glaciaire dont le gabarit est compris entre 0,40 et 0,50 m. Cette galerie est fortement concrétionnée. La hauteur est de 1,40 m pour une largeur de 1,50 m environ. La section est arrondie au toit. Elle se trouve brutalement colmatée  au bout de 7m par une trémie qui donne vraissemblablement au jour.

Développement et organisation de l'exploitation

La galeire des Seignots est une galerie de travers-bancs percée dans les dépôts glaciaires plio-quaternaires pour atteindre les couches de limonite. Relevés à près de 55°, les niveaux à fer du Valanginien ont été exploités à la manière d'un filon par dépilage descendant. Le boisage issu de résineux locaux a été systématiquement mis en place au fur et à mesure de l'exploitation. Relativement réduit en volume, le chantier reconnu montre néanmoins de façon très pertinente le mode d'exploitation qui a dû être mis en place dur l'ensemble du gisement. Il est vraisemblable que cette galerie se prolonge à l'horizontale. La dégradation des boisages et les éboulements qui ont suivis ont effondré la galerie à l'extrémité ouest du chantier.

La dynamique du chantier peut être identifiée à partir des niches d'abattage présentes en contrebas du chantier. Les mineurs procédaient en profondeur par l'ouverture d'alvéoles de 1 m de long sur 1,50 à 2 m de large, équidistantes les unes des autres tout en poursuivant l'exploitation dans la direction de la couche. Ce mode d'exploitation permettait de maintenir le toit au moyen d'un boisage régulier tout en défruitant progressivement les piliers de minerais abandonnés entre chaque excavation.

Du point de vue de la résistance des matériaux, le soutènement est à cet endroit relativement complexe à maîtriser car le toit de la galerie est creusé dans l'argile à blocaux, un terrain meuble et instable par endroits même si de manière générale cette formation se trouve relativement stable et indurée.

Les mineurs ont pu être gênés par des arrivées d'eau temporaires. Sauf à percer de nouveaux travers-bancs, ils étaient limités à une exploitation superficielle de la couche. En effet, le fonçage de travers-bancs en profondeur n'aurait pu se réaliser qu'en mettant en oeuvre des moyens conséquents et par voie de fait en investissant lourdement.

La présence de galeries de recherche adjacentes au tracé principal est un fait courant dans ce mode d'exploitation. Très souvent les mineurs avaient recours à ce type de galeries pour repérer d'éventuels accès au gisement et procéder à un traçage des chantiers.

L'interprétation de la galeire remontante est plus hypothétique. Il s'agit vraisemblablement d'un premier percement aménagé depuis la surface et localisé au niveau de l'affleurement pour sonder en profondeur les morts terrains et évaluer la puissance du gisement. Le concrétionnement important ne permet pas d'y distinguer le sens de creusement.

L'éclairage est installé à intervalles réguliers, soit pour indiquer un changement de direction, soit pour baliser la voie de roulage au niveau du chantier. Il s'agit de lampes à suif fixes de même type que celles que l'on retrouve dans les mines de fer des plateaux de Saône : Ce sont de petites boites cylindriques en métal munies de deux orifices : l'un pour verser le combustible et l'autre pour la mèche.

 

2.Métabief

 

télécharger le plan de la mine de Métabief de 1835

 

3.Les Fourgs

 

La mine située près du village des Fourgs est plutôt mal connue. D'après la tradition locale, elle se trouvait sur le versant nord du Crêt du Vourbey, au lieu-dit "Dessous les Côtes", à environ 1 km au sud-est de l'église du village. Aujourd'hui, dans ce secteur, une piste de ski a été aménagée. Des installations de lavage du minerai auraient été aménagées à proximité avec l'eau d'une source amenée grâce à une canalisation en bois.

 

On ne connaît pas de témoignage récent attestant que des vestiges souterrains existent. Par contre, la mine est mentionnée dans plusieurs sources (Thirria 1836, annuaire statistique du Doubs) et un plan daté de 1835 a été retrouvé aux archives nationales françaises (AN F14 7948).

 

D'après Thirria, on accède aux travaux souterrains par deux puits de 10 et 12 mètres. Une galerie d'allongement de 225 mètres donne accès à des galeries de pendage exploitant le gisement sur une cinquantaine de mètres de largeur. L'annuaire de 1841 ne mentionne qu'un seul puits de 20 mètres de profondeur et des travaux s'éloignant sur 90 mètres au maximum. Certaines zônes sont éboulées à cette date, ce qui pourrait expliquer qu'il ne reste qu'un seul puits en fonction.

 

Le plan de 1835 montre bien une large galerie principale (85 mètres), quatres galeries transversales en activité dont une de près de 80 mètres. Les indications en trait discontinu semblent correspondre à des projets d'extension de l'exploitation. L'accès n'est pas clairement représenté, mais indiqué par la présence de la lettre A à l'extrémité de la galerie principale. Sur le dessin, cette extrémité de galerie est cependant fermée par un trait continu. Cela signifie sans doute que c'est bien un puits vertical, non représenté sur le plan, qui donnait accès à l'exploitation souterraine. Les traits discontinus qui prolongent la galerie principale vers le nord (en bas sur le plan), doivent être interprétés comme des travaux projetés. En 1833, l'équipe d'ouvriers compte 6 personnes.

 

Oye et Pallet

 

Réduction du minerai, Transformation et commercialisation

 

Résumé : Dans le district minier du Mont d'Or, l'activité sidérurgique se développe entre la fin du XV° siècle et la moitié du XIX° siècle. Les trois Hauts fourneaux de Rochejean, Pontarlier, et la Ferrière sous Jougne sont les trois principales entreprises métallurgiques de la partie comtoise du district. Rochejean bénéficie d'approvisionnement en minerai et en combustible qui sont mieux assurés. Le Haut Fourneau fonctionne pendant 400 ans, presque sans interruption. Pour les deux autres, les conditions sont moins favorables et l'activité est toujours menacée. Pour compenser ce handicap, les exploitants se tournent vers d'autres opérations : affinage de la fonte, grosse forge, puis taillanderie, tréfilerie...

 

Bibliographie sur la métallurgie ancienne

 

 

Bailly Roger, Un passé oublié, Essais sur la sidérurgie dans le triangle d'Or La Ferrière-Pontarlier-Rochejean, Caracter's, Besançon 1998.

La métallurgie comtoise XV° - XIX° siècles , Collectif, Cahiers du patrimoine.


Robinet Jean, Mont Cierge, Le Pythagore Editions, Roman.



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